La nouvelle politique de croissance des fournisseurs d’énergie
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| Cyril Cortina |
| Senior Manager |
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Le secteur énergétique en pleine mutation doit répondre à plusieurs enjeux :
- Pression réglementaire imposée par le réchauffement climatique et le protocole de Kyoto (gaz à effets de serre)
- Recherche d’une indépendance énergétique particulièrement en Europe via la sécurisation des approvisionnements et des réseaux
- Niveau élevé et volatilité des prix de marchés sur le long terme.
| Grâce à la mise en place d’un plan de continuité d’activité par les consultants d’Logica, 100 millions d’européens savent qu’ils auront de la lumière nuit et jour, été comme hiver |
A cela s’ajoute, la dérégulation des marchés de l’électricité et du gaz en Europe et la fin des monopoles. En France, dès juillet 2007, les particuliers pourront choisir leur fournisseur d’électricité. Cette ouverture du marché attire de nouveaux entrants. Pour maintenir leurs marges, les fournisseurs historiques développent des stratégies commerciales tournées vers les consommateurs finaux. Autres solutions : se diversifier dans les services ou acquérir des capacités de production pour remonter dans la chaîne de valeur énergétique. Parallèlement, pour profiter des économies d’échelle, ils doivent conquérir des parts de marché à travers des acquisitions à l’international. Avec en toile de fond, la question de l’environnement. Fournisseurs et consommateurs doivent se soumettre aux nouvelles règles internationales et européennes. Le programme est clair : plus d’économies d’énergie et moins de pollution.
Sept chantiers pour des « Etats généraux » de l’énergie
Par François Dauphin, Directeur Energie&Utilities chez Logica, en charge de l’Europe du Sud.
Le secteur de l’énergie aborde un tournant de son histoire. À l’horizon 2020, les capacités de production de pétrole atteindront leurs limites en deçà d’un seuil évalué entre 105 à 110 millions de barils par jour. Ensuite, la maîtrise du réchauffement climatique impose de réduire le volume de gaz à effet de serre de moitié au niveau planétaire. Dès aujourd’hui des changements importants s’imposent, tant en matière de comportements individuels, d’outils industriels, d’infrastructure ou de biens de consommation. Voici sept pistes de réflexion.
Chantier n°1 : améliorer notre efficacité énergétique de façon à autoriser une croissance économique de 3% par an, sans augmentation de notre consommation de gaz et d’électricité. L’énergie la moins chère est celle que l’on ne consomme pas ! Selon le dernier rapport de la commission Européenne, nous pouvons réduire nos consommations de 20 % d’ici 20201.
Chantier n° 2 : délaisser le chauffage individuel au profit de réseaux de chaleur alimentés en géothermie, cogénération et biomasse. Sinon favoriser les pompes à chaleur. En Suède, les énergies renouvelables sont utilisées pour chauffer 50% des habitations aujourd’hui. En 2020, la totalité des habitations suédoises seront chauffées de façon durable. La France peut faire de même car elle dispose de l’une des plus grandes forêts d’Europe2 - dont la capacité de production peut être doublée - et de plusieurs entreprises mondiales de distribution de fluide.
Chantier n° 3 : réduire de moitié la consommation carbonée des véhicules. Le transport est devenu le secteur le plus polluant. L’association Transport & Environnement en Europe vient de montrer que nous serons, au mieux, à 150 g/km en 2012. Pourtant les solutions ne manquent pas : limitation du poids, limitation de la puissance, changement du mix de voitures, moteur hybride et rechargeable, ferroutage, autoroute des mers, … D’ici dix ans la consommation moyenne des véhicules commercialisés pourrait être réduites à 3 litres au 100 km.
Chantier n°4 : supprimer les terres en jachère et quintupler le plan de développement 2007-2010 de la filière bio carburant. Bien que réduite de moitié, la consommation en pétrole des véhicules restera trop élevée. Compte tenu de nos surfaces de production agricole, les méthodes actuelles d’approvisionnement en biocarburant nous permettront de produire environ 10 millions de TEP (tonne équivalent pétrole).
Chantier n° 5 : poursuivre le développement de la filière nucléaire sur la période 2020-2060 dans l’attente de l’émergence de technologies alternatives.
Aucun scénario de disparition de la filière nucléaire ne peut être mis en œuvre sans modification notable du niveau de vie de chacun ou un accroissement significatif des émissions de CO2. Les réacteurs nucléaires permettront d’absorber le surcroît de consommation générée par le secteur du transport. Comme l’implantation d’une nouvelle centrale nucléaire reste soumise à la vive opposition des populations locales, nous retenons comme scénario de conserver les sites actuels en prévoyant un remplacement des réacteurs installés avant 1980 par des réacteurs de dernière génération. Sur cette base, la puissance de production pourrait être accrue de 30%.
Chantier n° 6 : développer l’électricité et le gaz d’origine renouvelable en complément de l’énergie nucléaire. La limite du nombre de sites nucléaires imposera le développement d’énergies renouvelables. La France dispose du deuxième potentiel éolien en Europe. Le développement conjugué de notre parc éolien, de la micro hydraulique et des centrales de cogénération permettra de remonter à 23% d’électricité renouvelable. Un effort tout aussi significatif doit être réalisé sur le biogaz. Un quadruplement de notre parc de cogénération actuel et l’installation de près de 10 000 éoliennes doit être planifié.
Chantier n° 7 : augmenter de 150% la capacité d’ajustement de la consommation à la production par la généralisation de compteurs intelligents. La cogénération est une technique consistant produire en même temps électricité et chaleur. Elle améliore considérablement le rendement de la chaîne énergétique tout en lissant les pics de consommation pendant la période hivernale. Le rechargement des voitures la nuit présente de même l’avantage d’intervenir pendant la période creuse de consommation. EDF dispose actuellement d’une capacité d’ajustement de 6000 MW. Malgré les optimisations précédentes, cette capacité devra être portée à 15 000 MW par la généralisation de compteurs électroniques intelligents.
L’ensemble de ces sept chantiers présente un tout cohérent et non un ensemble de mesures indépendantes. Seule leur mise en œuvre coordonnée permettra de fournir cette ressource vitale pour le bien être de l’humanité qu’est l’énergie.
1 : Plan d’action pour l’efficacité énergétique – Commission Européenne – 19 octobre 2006
2 : 15 millions d’hectares soient 25 % du territoire national, dont 10 Millions seulement sont exploités.




